mardi 15 avril 2008
L’actualité Santé du 15/04/ 08 14h05
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Les responsables des hôpitaux appellent à un plan pour résorber les déficits. Les responsables des hôpitaux publics ont appelé lundi à un "plan gouvernemental de résorption des déficits", évalués à 800 millions d'euros en 2007, dénonçant le "sous-financement chronique" qui "asphyxie peu à peu" le service public hospitalier.
"Nous dénonçons le sous-financement organisé de l'hôpital qui a lieu depuis plusieurs années", a déclaré le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Claude Evin, lors d'une conférence de presse réunissant des représentants des communautés médicales et des directeurs des hôpitaux publics.
Tous ont demandé "qu'un plan de résorption des déficits soit mis en oeuvre dans les meilleurs délais".
Selon la FHF, qui regroupe les responsables du secteur public hospitalier, les déficits cumulés des hôpitaux auraient atteint entre 700 et 800 millions d'euros en 2007, qui représentent "potentiellement un +plan social+ de près de 20.000 emplois".
Les représentants des hôpitaux ont souligné les menaces que faisaient peser ces déficits sur "les missions de service public" des hôpitaux et sur leur capacité à investir dans l'innovation.
"Certains hôpitaux sont amenés à augmenter le reste à charge" des patients, a déploré le délégué général de la FHF, Gérard Vincent.
Cette situation serait due à l'"insuffisance" de l'enveloppe globale allouée chaque année au secteur hospitalier, à laquelle s'ajoute des "transferts financiers", à l'intérieur de cette enveloppe, de l'hôpital public vers les cliniques et la médecine de ville.
Citant un rapport de septembre 2007 de la Cour des Comptes, M. Vincent, a évalué ces transferts à respectivement 191 millions et 200 millions d'euros.
La FHF estime par ailleurs que l'Etat a aggravé la situation en accordant des mesures salariales aux personnels hospitaliers (revalorisation du point d'indice, protocole sur le paiement des heures supplémentaires, garantie individuelle de pouvoir d'achat) alors que la loi sur le financement de la sécurité sociale pour 2008 était déjà votée.
Elle dénonce par ailleurs les modalités d'application "injustes" de la tarification à l'activité (T2A), nouveau mode de financement des hôpitaux, et qui conduit des "hôpitaux vertueux à être en déficit".
L’actualité Santé du 15/04/ 08 13h54
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
USA: le taux de grossesses des adolescentes à son plus bas historique. Le taux de grossesses des adolescentes aux Etats-Unis a atteint son plus bas niveau historique, tandis que le taux d'avortements est en baisse et que le nombre d'enfants nés hors mariage augmente, indique une étude lundi.
Le taux de grossesses des adolescentes a chuté de 38% de 1990 à 2004, et le taux d'avortements a baissé de moitié, indique l'enquête de Centers for Disease Control and Prevention (CDC).
Toutefois, le taux de grossesse parmi les adolescentes noires et hispaniques est toujours plus du double de celui des jeunes filles blanches.
Quelque 37% des grossesses parmi les femmes noires se sont terminées par une interruption de grossesse alors que cette proportion est de 12% chez les blanches et 19% chez les hispaniques.
Le taux global d'avortements est tombé à 19% du nombre des grossesses en 2004 contre 24% en 1990.
Après une période de déclin continu, le taux de naissances est en hausse à 66,3 pour 1.000 femmes âgées entre 15 et 44 ans contre 63,6 pour 1.000 en 1997.
Quelque 6,4 millions de grossesses ont été enregistrés en 2004 dont 4,11 millions ont donné naissance à un enfant, 1,22 million se sont terminées par un avortement et 1,06 million ont été interrompues par une fausse couche.
A ce taux, la femme américaine moyenne est enceinte 3,2 fois dans sa vie: 4,2 fois pour les hispaniques et les noires et 2,7 fois pour les blanches.
Environ 45% des grossesses en 2004 sont intervenues chez des couples non-mariés.
lundi 14 avril 2008
L’actualité Santé du 14/04/ 08 16h27
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Optique: possible désengagement de la Sécu au profit des complémentaires. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a jugé possible, ce week-end, que la Sécurité sociale se désengage totalement de secteurs comme l'optique qui seraient pris en charge uniquement par des complémentaires santé, à condition d'accroître la "concurrence" entre ces dernières.
Le président de la Mutualité française Jean-Pierre Davant a regretté lundi cette déclaration de Mme Bachelot, estimant qu'il serait "plus raisonnable de négocier d'abord".
Interrogée dimanche au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro sur l'éventualité de voir des secteurs comme l'optique pris en charge "uniquement" par l'assurance complémentaire, Mme Bachelot a répondu: "La question est posée, d'autant (...) que dans les quatre ans qui viennent de s'écouler la marge bénéficiaire de ces organismes complémentaires est passée de 12% à 23%".
"On constate que les cotisations sociales que paient les organismes complémentaires ont certes augmenté de 30% dans les dix dernières années, mais (on constate aussi) que dans les quatre ans qui viennent de s'écouler la marge bénéficiaire (...) a pratiquement doublé à périmètre de prise en charge égal. Donc il y a des marges de manoeuvre", a-t-elle estimé.
"Je mets pour faire basculer des dépenses de santé vers les organismes complémentaires un certain nombre de conditions (...) D'abord les mettre en concurrence", a-t-elle dit.
"Il faut que ça apporte un vrai outil de régulation, c'est à dire qu'elles fassent la preuve qu'elles ont un avantage, une valeur ajoutée par rapport au régime obligatoire", a poursuivi la ministre, faisant toujours allusion aux complémentaires (mutuelles, sociétés d'assurances, instituts de prévoyance).
A propos de l'augmentation de la marge bénéficiaire de ces organismes complémentaires évoquée par Mme Bachelot, M. Davant a répondu sur RTL que "les mutuelles redistribuent quasiment tout ce qu'elles encaissent en matière de cotisation, elles le redistribuent en prestations".
"Je connais les grandes mutuelles qui équilibrent +juste+, et je n'ai pas le sentiment que les mutuelles font des bénéfices" a conclu M. Davant, soulignant que ces organisations sont "à but non lucratif".
M. Davant "regrette beaucoup la déclaration de Madame Bachelot parce que le gouvernement va ouvrir les négociations" et pense qu'"il serait plus raisonnable de négocier d'abord, entre gens raisonnables, avant de faire des déclarations de ce type".
L’actualité Santé du 14/04/ 08 16h20
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Découverte d'un gène responsable d'une forme héréditaire de carence en fer. La découverte d'un gène responsable d'une forme héréditaire rare de carence en fer, cause d'anémie, pourrait permettre une nouvelle approche thérapeutique pour cette maladie et certaines formes de carences en fer touchant la population, selon la revue Nature Genetics.
Le manque de fer est la plus répandue des carences nutritionnelles et la cause prédominante d'anémie aux Etats-Unis, note l'équipe américaine conduite par Mark Fleming et Nancy Andrews (Boston, Massachusetts) dans la revue qui a publié dimanche en ligne leurs travaux.
La plupart du temps, des compléments oraux de fer suffisent à résoudre le problème. Mais ces deux spécialistes ont eu de nombreux cas d'enfants chez lesquels le traitement oral ou injectable était inefficace ou quasi-inefficace.
La cause de cette anémie par déficience en fer réfractaire au traitement par le fer, baptisée "IRIDA", demeurait un mystère. Ces enfants mangeant normalement ne présentent par ailleurs aucune cause (hémorragies...) susceptible d'expliquer cette carence.
Les spécialistes ont réussi à regrouper et étudier cinq familles. Ils ont ainsi découvert des mutations (anomalies) sur un gène dénommé "TMPRSS6", provoquant des atteintes de gravité variable de carence en fer et d'anémie.
Des formes plus courantes d'anémie par manque de fer pourraient avoir une composante génétique, suggèrent les auteurs sur la base de cette observation.
L'anomalie génétique induit la surproduction d'une hormone, l'hepcidine, qui bloque l'absorption du fer par les intestins, afin de protéger l'organisme contre une surcharge en fer.
Les patients atteints d'IRIDA ont une sécrétion inappropriée : ils synthétisent en excès l'hormone alors qu'ils ont une déficience en fer. De ce fait, ils n'arrivent pas à fabriquer efficacement de nouveaux globules rouges, car l'hormone fait "piéger" le fer nécessaire dans des cellules appelées macrophages.
Ce qui explique le peu d'efficacité des injections de fer puisqu'il se retrouve piégé et ne peut donc pas servir à fabriquer des globules rouges.
La découverte de ce gène pourrait déboucher sur deux types d'application. En le bloquant, on pourrait aider ceux qui souffrent d'une surcharge en fer en interrompant son absorption par l'intestin, par le biais d'une synthèse accrue de l'hormone. A l'inverse, la stimulation du TMPRSS6 pourrait être bénéfique pour certains patients souffrants d'anémie, notamment ceux produisant trop d'hormone hepcidine.
L’actualité Santé du 14/04/ 08 16h15
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
L'UE légifère contre la pollution de l'air urbain, cause de mortalité précoce. L'Union européenne a adopté lundi une nouvelle législation pour lutter contre la pollution de l'air ambiant dans les villes par les transports urbains et ainsi "supprimer une cause de mortalité précoce".
"Chaque citoyen perd en moyenne huit mois d'espérance de vie à cause de certaines particules en suspension dans l'air. Dans les régions les plus polluées, cette espérance de vie est réduite de 36 mois", a souligné Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire à l'Environnement Stavros Dimas.
"Les transports sont la principale source de cette pollution de l'air, notamment dans les zones urbaines", a-t-elle rappelé.
La nouvelle législation impose aux Etats membres de "réduire d'ici à 2020 de 20% par rapport à leur niveau de 2010 l'exposition aux particules les plus fines", et donc les plus dangereuses émises en zone urbaine par les moteurs diesel des camions et des autobus.
Les particules les plus fines -- appelées "PM2,5" -- pénètrent profondément dans l'appareil respiratoire et peuvent l'altérer. Elles sont issues de la combustion incomplète des combustibles fossiles utilisés par les transports, la sidérurgie, les cimenteries, les incinérateurs de déchets et les centrales thermiques.
Les niveaux d'exposition à ces PM2,5 devront être ramenés au-dessous de 20 microgrammes/m3 dans les zones urbaines entre 2010 et 2015 et à 25 microgrammes/m3 sur le reste du territoire.
La Commission européenne reconnaît que l'objectif est ambitieux, car 25 des 27 Etats membres éprouvent déjà des difficultés à respecter les normes fixées pour la réduction des particules plus grosses, les PM10, comme le dioxyde d'azote et le benzène.
L’actualité Santé du 14/04/ 08 16h07
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Le choléra poursuit sa progression au Vietnam, avec plus de 130 malades. Le choléra poursuit sa progression au Vietnam, où, selon les autorités vietnamiennes lundi, plus de 130 personnes sont touchées au nord et désormais aussi dans la capitale économique Ho Chi Minh-Ville, l'ex-Saïgon au sud.
Depuis le début du mois de mars, selon le ministère de la Santé, 1.335 personnes ont été hospitalisées pour diarrhée aiguë, dont 136 ont été testées positives au choléra.
Les autorités vietnamiennes assurent n'avoir jusqu'ici enregistré aucun mort de la bactérie dans les 18 grandes villes ou provinces touchées.
Lors d'une réunion de crise ce week-end, le Premier ministre, Nguyen Tan Dung, a demandé aux autorités locales de tout faire pour rapidement maîtriser la situation.
La maladie "n'affecte pas seulement la santé de notre population, mais aussi les développements socioéconomiques, le tourisme et la sécurité sociale", a souligné Nguyen Tan Dung devant des ministres et responsables provinciaux, selon le quotidien Tuoi Tre.
C'est le nord qui était jusqu'ici surtout touché, en particulier la capitale Hanoï. Mais les autorités soupçonnent la maladie de s'être propagée dans le sud via la ligne de chemin de fer qui traverse tout le pays et dont les installations sanitaires sont insuffisantes.
"15 trains par jour transportent 3.000 passagers à travers 22 provinces", a expliqué, selon le quotidien Thanh Nien, le vice-ministre de la Santé, Trinh Quan Huan. "Seuls 100 voitures sur 1.000 ont des systèmes de collecte des déchets".
A Hanoï, officiellement touchée par 44 cas de choléra, les autorités ont ordonné de nettoyer 31 lacs, éléments pittoresques de la ville aujourd'hui perçus comme une dangereuse source de propagation de la maladie. Quelque 2.000 habitants de la capitale ont aussi été vaccinés.
L’actualité Santé du 14/04/ 08 16h00
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Grippe aviaire : Pékin réfute à nouveau tout cas de transmission humaine. La Chine a de nouveau nié ce week-end qu'un père ait contracté la grippe aviaire en Chine en prenant soin de son fils malade, réagissant à un article publié dans la revue médicale britannique The Lancet.
"Jusqu'à présent, aucune preuve ne permet d'établir qu'il y a eu en Chine une transmission humaine du virus de la grippe aviaire", a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé, Mao Qun'an, cité samedi par les médias chinois. M. Mao a, de nouveau, affirmé que les échantillons du virus du père et du fils "étaient complètement identiques".
La maladie avait été diagnostiquée chez le père d'un jeune homme de 24 ans décédé le 2 décembre dans la province du Jiangsu (est) après avoir montré des symptômes de la grippe aviaire.
Le cas de ce retraité de 52 ans qui a survécu à la maladie contrairement à son fils, est détaillé dans un article mis en ligne le 8 avril par la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet.
"Il s'agit probablement d'un cas de transmission limitée de personne à personne, survenu dans une famille, ce qui n'implique pas que le virus H5N1 ait acquis la capacité de se transmettre plus efficacement entre être humains", soulignent les auteurs de cet article scientifique. Ils relèvent notamment que les virus isolés chez le père et le fils sont pratiquement identiques, à l'exception d'un petit élément (base) génétique.
Les deux cas d'infection par le virus aviaire H5N1 avaient été identifiés en décembre 2007 à Nanjing (province de Jiangsu, Chine). Le père, qui dit n'avoir eu aucun contact direct avec des volailles vivantes, avait cependant prodigué des soins sans protection (masque, gants pour les changes ou nettoyer les toilettes) à son fils hospitalisé toussant beaucoup et souffrant de fréquents épisodes de diarrhées aqueuses.
Le diagnostic du fils n'a été confirmé que le 1er décembre, peu de temps avant sa mort, selon le Pr Yu Wang (Pékin) et ses collègues. Le père a reçu rapidement des antiviraux (oseltamivir et rimantadine) ainsi qu'au 5e jour de sa maladie, un sérum provenant d'une personne ayant participé à un essai vaccinal anti-H5N1.
Si ce n'est pas le premier cas de ce genre, la proximité génétique (père-fils) pourrait être très importante dans ce type de transmission, selon un spécialiste Jeremy Farrar (Hanoï).
Sur 100 personnes proches des deux malades suivies dix jours, 91 (dont 77 soignants) ont accepté des prélèvements sanguins. Aucun des échantillons prélevés n'était positif pour le H5N1.
Selon l'OMS, on dénombrait dans le monde au 3 avril, 378 cas de grippe aviaire dont 238 morts depuis novembre 2003. Un type de transmission limitée de personne à personne, pour la première fois suggérée en 1997 à Hong Kong, a depuis été à nouveau suspectée, notamment en Thaïlande et en Indonésie.
Le virus hautement pathogène H5N1 de la grippe aviaire, qui affecte jusque là essentiellement les volatiles, fait l'objet d'une surveillance, de crainte qu'il ne s'adapte à l'homme au fil de mutations génétiques successives qui le rendraient facilement transmissible d'homme à homme. Une pandémie grippale meurtrière serait alors à redouter. D'où les comparaisons faites, dans le cas répertorié en Chine, entre les virus H5N1 ayant contaminé le père et le fils.
L’actualité Santé du 14/04/ 08 15h55
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Une fillette de 4 ans et demi décède d'une méningite en Seine-Saint-Denis. Une petite fille de quatre ans et demi est décédée dimanche matin à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) "suite à une probable infection à méningocoque", a annoncé dimanche la préfecture de Seine-Saint-Denis.
Cette fillette "a assisté à un gala de danse donné dans le gymnase Jessie Owens de Villetaneuse les samedi 5 avril et dimanche 6 avril après-midi", a précisé la préfecture dans un communiqué.
"Toute personne ayant assisté à ce gala et présentant des signes anormaux (fièvre, maux de tête, vomissements ) est invitée à consulter son médecin traitant ou les urgences les plus proches" a ajouté la préfecture.
L’actualité Santé du 14/04/ 08 15h47
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Une loi contre l'incitation à l'anorexie en débat mardi à l'Assemblée. Les députés débattent mardi d'une proposition de loi UMP visant à combattre l'incitation à l'anorexie, cet état de "maigreur excessive" aux graves répercussions sanitaires dont sont atteintes entre 30.000 et 40.000 personnes en France.
Mise à l'ordre du jour de l'Assemblée à l'initiative du groupe UMP, cette proposition de loi a été approuvée, sans opposition, mercredi par la commission des Affaires sociales.
Elle permettra aux députés, "sans doute pour la première fois, de se prononcer sur cette question majeure, trop longtemps occultée", s'est félicitée la rapporteure Valérie Boyer (UMP).
L'examen de ce texte intervient une semaine après la signature par les professionnels de la mode, de la publicité et des médias, et la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, le 9 avril à Paris, d'une "charte" de bonne conduite sur l'image du corps et contre l'anorexie.
Cette charte ne comprend toutefois aucune mesure contraignante mais des "engagements partagés et concertés", essentiellement de sensibilisation et d'information.
"A la souffrance, au déni et à l'isolement des malades, au sentiment d'impuissance qui envahit souvent leurs proches, il est temps d'opposer un signe fort marquant la prise de conscience et la mobilisation des pouvoirs publics contre ce fléau", a fait valoir Mme Boyer.
La proposition de loi UMP, formée d'un seul article et dont l'adoption mardi ne fait guère de doute -le groupe PS ayant indiqué vendredi qu'il ne "s'opposerait pas" au texte-, a pour objet de créer "une incrimination spécifique de la provocation" à l'anorexie.
Ainsi, "le fait de provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive, en encourageant des restrictions alimentaires prolongées ayant pour effet de l'exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé, sera puni d'une peine maximum de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende".
La peine est portée à trois ans et 45.000 euros d'amende, s'il apparaît que "cette provocation a entraîné la mort de la personne concernée".
Lors de l'examen en commission, la députée UMP a fait adopter un amendement punissant de deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende "la propagande ou la publicité, quel qu'en soit le mode, en faveur de produits, d'objets ou de méthodes préconisés comme moyens de parvenir à une maigreur excessive ayant pour effet de compromettre directement la santé".
Cet ajout permettra "d'incriminer la diffusion de contenus incitant à l'extrême maigreur, quel qu'en soit le support, ce qui s'appliquera notamment à certains sites internet +pro-ana+" (pro-anorexie), a-t-elle fait valoir.
Le mouvement dit "pro-ana", se développe depuis le début des années 2000 aux Etats-Unis et depuis deux ans en France. Ses membres, des jeunes filles se présentant comme anorexiques et prétendant que l'anorexie n'est pas une maladie mais un "mode de vie", diffusent leurs idées via des forums ou des blogs sur internet.
Selon le rapport de Mme Boyer, entre 30.000 et 40.000 personnes seraient atteintes d'anorexie en France, dont environ 90% de femmes, avec deux pics de déclenchement à 12-13 ans et à 18-19 ans.
Ses répercussions sanitaires sont souvent très graves. L'anorexie peut en effet entraîner une anémie, une ostéoporose, la perte des capacités physiques et musculaires, voire la détérioration des organes vitaux et des problèmes cardiaques, précise le rapport.
jeudi 10 avril 2008
L’actualité Santé du 10/04/ 08 13h30
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Les scientifiques se dopent aussi, selon une étude. Vingt pour cent des scientifiques et professions assimilées admettent avoir utilisé des médicaments pour stimuler leur concentration et leur mémoire et accessoirement se passer de sommeil, selon une étude conduite en ligne par la revue scientifique britannique Nature.
La vaste majorité de ces adeptes du dopage cérébral invoque le besoin d'"améliorer leur concentration" et 60% reconnaissent y recourir quotidiennement ou sur une base hebdomadaire.
1.427 personnes - la plupart aux Etats-Unis et plus de la moitié qui sont âgés de 35 ans ou moins - ont répondu à cette enquête informelle conduite en ligne sur un forum du groupe Nature.
Les sondés définissent leur domaine d'activité: biologie (14,9%), chimie (2,2%), science de la terre et de l'environnement (1,4%), ingénieurs (15,4%), médecine (8,1%), physique (3%), médias (7,3%), éducation (12,2%) ou "autres' (35,5%).
Le "dopant" le plus populaire est la Ritaline (méthylphénidate): 60% des consommateurs de dopants intellectuels disent en prendre.
La Ritaline est prescrite aux enfants souffrant de Trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH).
Parmi les sondés, 44% indiquent prendre du modafinil - un médicament psychostimulant découvert en France et qui est normalement destiné à traiter des maladies caractérisées par un excès de sommeil (narcolepsie, hypersomnie idiopathique). Le modafinil est une molécule qui a par ailleurs particulièrement intéressé les militaires.
Un tiers des produits utilisés ont été achetés sur Internet, et pour le reste en pharmacie et sur ordonnance.
Toujours selon l'étude, 80 % -qu'ils aient pris ou non de telles substances psychostimulantes- défendent le droit des individus à prendre ces "dopants du boulot".
En revanche, sans surprise, la vaste majorité (86%) estiment qu'il faut les interdire aux enfants de moins de 16 ans. Même si un tiers avoue que si les autres enfants à l'école en prenaient, ils ressentiraient une pression pour en donner aux leurs.
L’actualité Santé du 10/04/ 08 13h11
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Professionnels de la mode et des médias s'engagent contre l'anorexie. Les professionnels de la mode, de la publicité et des médias, et la ministre de la Santé Roselyne Bachelot ont signé mercredi une "charte" de bonne conduite sur l'image du corps et contre l'anorexie, considérée par plusieurs signataires comme "une première étape".
Le même jour était présentée en Commission à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à faire un nouveau délit de l'incitation à l'anorexie et à la maigreur extrême. Ce texte de Valérie Boyer (UMP), soutenu par la ministre de la Santé, sera examiné la semaine prochaine par les députés.
La charte est le résultat de plus d'un an de discussion au sein d'un groupe de travail mis en place sous l'égide du ministère de la Santé après une polémique liée aux décès de plusieurs mannequins sud-américains et une campagne choc italienne contre l'anorexie, interdite en France.
Cette charte ne comprend aucune mesure contraignante mais des "engagements partagés et concertés" en vue d'"actions positives à construire collectivement", essentiellement de sensibilisation et d'information.
Le texte a été signé par les principales organisations représentatives de la mode, de la publicité et des médias, notamment le Bureau de vérification de la publicité, la Fédération française du prêt-à-porter féminin, l'Union des annonceurs, la Fédération française de la couture, le Syndicat des agences de mannequins, l'Union nationale des agences de mannequins (UNAM), l'Union française des industries de l'habillement.
Cette charte "nous permet d'ouvrir la voie d'une approche globale de la prévention de l'anorexie" qui "figure parmi les plus mortelles des maladies du psychisme", a déclaré Mme Bachelot. La France compterait entre 30.000 et 40.000 anorexiques.
La ministre a souligné que son propos n'était pas de "tendre un doigt accusateur vers des responsables supposés, milieux de la mode, des médias, ou de la communication". "Sachons faire la part entre des marronniers d'hebdomadaires féminins, proposant à leurs lectrices de perdre quelques kilos à l'approche des fêtes ou de l'été, et certains sites internet incitant explicitement à l'anorexie", a-t-elle dit.
C'est "une intention de prévention", a renchéri le pédopshychiatre Marcel Rufo, co-président du groupe de travail. "Je ne voudrais pas qu'on crée des tas de lits" pour anorexiques, "je voudrais qu'on les soigne avant", a-t-il déclaré.
Le président de la Fédération française de la couture, Didier Grumbach, s'est félicité que la charte "incite à être précautionneux mais, heureusement, ne réglemente pas". Selon lui, les choses ont "déjà changé" dans la mode.
"Nous devons contribuer en tant qu'agence de mannequins à expliquer qu'il n'est pas nécessaire d'être anorexique pour être mannequin", a estimé la présidente de l'UNAM, Isabelle Saint Félix. La charte apporte "un engagement clair" mais n'est qu'une "première étape".
Le président de la Fédération du prêt-à-porte féminin, Jean-Pierre Mocho veut "voir comment on peut arriver à des mesures un peu plus contraignantes".
Une tâche qui s'annonce difficile. Caroline Tancrède, rédactrice en chef adjointe du magazine Femme Actuelle, signataire de la charte, rappelle "à quel point les enjeux économiques sont importants, à quel point il y a des antagonismes entre les différentes professions" concernées.
La secrétaire générale de l'association de défense des personnes corpulentes Allegro Fortissimo, Sylvie Benkemoun, également signataire, souligne que dans les "stéréotypes de minceur et de maigreur il y a d'un côté l'anorexie, mais il y a de l'autre côté le surpoids qui peut conduire à l'obésité et une obésité massive qui peut aussi être du côté de la mort".
L’actualité Santé du 10/04/ 08 13h06
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Hôpitaux: le rapport Larcher préconise 16 mesures, dont des regroupements. L'ancien ministre Gérard Larcher préconise seize mesures pour réformer les hôpitaux, dont leur regroupement et le renforcement des pouvoirs des directeurs d'établissement, dans un rapport remis jeudi à Nicolas Sarkozy.
Dans ce texte d'une centaine de pages "sur les missions de l'hôpital", M. Larcher préconise des "rapprochements entre hôpitaux publics sur la base d'exigence de qualité et de sécurité ainsi que de pertinence économique" sous la forme de "communautés hospitalières de territoires fondées sur un projet d'activités médicales commun et dotées de compétences stratégiques".
Déjà largement préconisés dans les précédents rapports sur la réforme de l'hôpital, ces regroupements pourront bénéficier "d'incitations fortes", notamment financières, pour favoriser la "mutualisation" et la "spécialisation" de leurs moyens, explique M. Larcher.
Avant même la publication du rapport, ces rapprochements entre établissements, synonymes de fermetures de services, ont suscité l'inquiétude des élus locaux, des personnels hospitaliers et des patients, très attachés aux "petits hôpitaux" au nom de l'aménagement du territoire.
Le sénateur Larcher se prononce également en faveur d'une évolution des "règles de gouvernance interne" de l'hôpital en renforçant les pouvoirs du directeur d'établissement qui deviendrait le "seul responsable à l'hôpital".
Afin de "renforcer l'attractivité des métiers de l'hôpital" aux yeux des jeunes médecins, le rapport propose "un cadre plus simple et plus souple" d'exercice de leur profession grâce à un "cadre contractuel simplifié".
Cette simplification, qui donnerait "plus de souplesse aux établissements en terme de fixation du niveau de rémunération", a d'ores et déjà suscité les inquiétudes des personnels médicaux.
Le rapport Larcher détaille par ailleurs une série de mesures destinées à limiter le recours aux services d'urgence des hôpitaux, souvent encombrés par des patients souffrant de maux bénins, en "améliorant la régulation" par le numéro d'appel 15 et en développant les "structures d'aval" hors-hôpital.
Le sénateur UMP propose enfin de "développer l'enseignement et la recherche" des équipes hospitalières grâce à un "pilotage interrégional" des projets.
Le rapport confié à l'ancien ministre délégué du Travail doit servir à nourrir la future loi sur l'organisation des soins, prévue pour l'automne, qui comportera un volet sur l'hôpital.
Il reprend largement des suggestions énumérées par Nicolas Sarkozy lors d'un discours prononcé en octobre lors d'une visite du centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux.
L’actualité Santé du 10/04/ 08 13h00
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Bachelot veut transférer des tâches des médecins à d'autres professionnelsLa ministre de la Santé . Roselyne Bachelot s'est prononcée pour le transfert de certains tâches réservées aux médecins à d'autres professionnels de santé (infirmières, sages-femmes, etc.) en clôturant mercredi à Paris les Etats généraux de l'organisation de la santé (Egos).
La ministre a rappelé son souhait d'"harmoniser" la répartition actuellement inégale (au détriment des zones rurales peu peuplées ou des banlieues pauvres) de ces professionnels sur le territoire, devant leurs syndicats, des élus ou des associations de patients ayant participé à ces Egos.
"Dans cette optique, le projet de loi que je porterai, dès l'automne, devant le Parlement, accordera la place qu'elle mérite à la question du partage des compétences", a affirmé Mme Bachelot.
Pour la ministre, qui a rappelé avoir oeuvré, "en dépit des résistances, pour qu'une infirmière ou un infirmier puisse pratiquer un rappel de vaccination anti-grippale", il s'agit de "tirer vers le haut, pour le plus grand bénéfice des patients, les compétences de chacun".
"S'agissant des spécialités, il convient d'envisager, pour certains actes techniques, et dans des cas très spécifiques, une évolution des modes de collaborations des médecins et des chirurgiens avec d'autres professionnels de santé", a-t-elle encore dit.
Sans fournir d'autres précisions, la ministre a affirmé "penser" à "la gynécologie-obstétrique, l'ophtalmologie, à l'anesthésie, la chirurgie ou encore l'odontologie".
Mme Bachelot a toutefois reconnu que "médecins, infirmiers, sages-femmes, ne sont pas totalement substituables".
Fin mars, l'Ordre des médecins s'était montré réservé à propos de ce transfert de tâches. Selon lui, "le renforcement de la coopération entre professionnels de santé ne peut se faire sur la base de concepts flous, mais renvoie à des délégations d'actes clairement identifiés par chacun des professionnels de santé accompagnées d'une information des patients".
L'Ordre se demandait si "l'allègement voire le transfert de tâches administratives" ne permettrait pas d'aboutir de manière plus efficace "à un gain de temps médical".
Les Etats généraux, entamés en novembre, se sont déroulés parallèlement à trois missions -- l'hôpital, les inégalités territoriales en matière de santé et la création d'Agences régionales de santé -- également destinés à contribuer au projet de loi prévu pour l'automne.
Ils avaient été convoqués après une grève des gardes d'internes et étudiants en médecine de fin septembre à fin octobre et d'une manifestation réunissant de 10.000 à 20.000 personnes à Paris contre une proposition gouvernementale visant à limiter l'installation de médecins libéraux dans les zones "surdotées".
Ce mouvement n'avait été suspendu qu'après l'adoption d'un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) ne prévoyant plus que des mesures "incitatives" pour encourager les médecins à s'installer dans des zones "sous-dotées", mais excluant "tout déconventionnement" de ceux qui ne joueraient pas le jeu.
La ministre n'a pas dévoilé dans son discours de nouvelles mesures "incitatives" pouvant être prises, mais a rappelé que jusqu'à cinq millions d'euros pourraient être destinés à aider la création de 100 "maisons de santé pluridisciplinaires", "à hauteur de 50.000 euros maximum par projet", dans ces zones "sous-dotées".
mardi 8 avril 2008
L’actualité Santé du 08/04/ 08 18h32
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Stress au travail: les syndicats mettent en cause l'organisation du travail. Les partenaires sociaux ont entamé lundi au Medef des négociations sur le stress au travail, enjeu primordial pour les entreprises et les salariés selon les syndicats qui ont mis en cause l'organisation du travail comme responsable du stress.
Patronat et syndicats se sont mis d'accord sur trois nouvelles dates de réunion, les 5 mai, 4 juin, et 2 juillet.
La négociation est notamment destinée à transcrire en droit français un accord-cadre européen sur le sujet, mais les partenaires sociaux veulent aller "plus loin" que cet accord, signé en 2004.
C'est aussi le souhait du ministre du Travail Xavier Bertrand, qui a pressé les partenaires sociaux d'aller s'ils le peuvent "au delà" de la simple transposition européenne.
Syndicats et patronat vont négocier sur la base d'une traduction du texte européen proposée par la CES (Confédération européenne des syndicats), à laquelle les organisations syndicales proposeront des amendements d'ici la fin de la semaine.
Le patronat fournira un nouveau texte lors de la prochaine séance.
Tous les partenaires sociaux se sont accordés pour dire que cette négociation doit notamment leur permettre de discuter des indicateurs de stress, d'une définition de ce phénomène, et des mesures de prévention à mettre en place.
Pour Daniel Prada (CGT), la négociation devra aboutir à "un accord normatif qui s'applique dans toutes les entreprises". Selon lui, il ne s'agit pas de s'intéresser à la gestion du stress, mais à "la supression du stress, dès lors que les causes auront été identifiées".
Jean-Marc Bilquez (FO) veut "dépasser" l'accord européen pour "inventer des systèmes et des outils de prévention", et souligner la responsabilité des "nouvelles formes de management et d'organisation du travail, qui isolent les individus".
Pour la CFDT, Jean-Louis Malys a souhaité faire entrer dans la négociation "la nécessité d'un droit d'alerte pour les salariés, ou d'actions de prévention des conditions de travail dans les PME-TPE".
Ces sujets doivent déjà faire l'objet de futures négociations avec le patronat, décidées à la suite d'une conférence Etat-patronat-syndicats sur les conditions de travail en octobre 2007.
Pour Bernard Salengro (CFE-CGC), le stress doit être reconnu comme maladie professionnelle.
Joseph Thouvenel (CFTC), qui a trouvé la partie patronale "visiblement assez ouverte", a demandé que "la conciliation vie familiale-vie professionnelle", soit également reconnue comme source de stress pour les salariés quand elle se passe mal.
Il a également souhaité que la négociation intègre la transcription d'un autre accord européen, signé en avril 2007, sur le harcèlement et la violence au travail.
Une approche à laquelle n'est pas opposé Jean-René Buisson, chef de file du patronat (Medef), qui a évoqué un "lien assez direct" entre ces sujets.
Par contre, "l'objectif de la négociation n'est pas de parler de réparation" du stress, ni même de "revisiter le Code du travail", en parlant par exemple de temps de travail, a-t-il prévenu.
Par ailleurs, les syndicats ont indiqué que la négociation devrait intégrer des éléments du rapport Nasse-Légeron sur le stress au travail, rendu en mars au ministre, et qui préconise la mise en place d'une grande enquête annuelle.
Xavier Bertrand a déjà fait sienne cette recommandation, et a soumis l'idée de négociations obligatoires pour les branches où le stress au travail serait le plus élevé.
L’actualité Santé du 08/04/ 08 18h28
Pratis News (L’UNIVERS 100% MEDECIN + AFT)
Troubles musculo-squelettiques: une campagne de sensibilisation qui "hurle". Sur l'épaule d'une caissière, une bouche hurle de douleur: c'est une des images choc de la campagne lancée mercredi par le gouvernement pour sensibiliser salariés et employeurs aux troubles musculo-squelettiques (TMS), premières causes de maladie professionnelle en France.
"Au travail, il y a des petites douleurs qui deviennent insupportables", ajoute le message de la campagne, qui doit durer trois ans, et démarre avec des spots télévisés et des publicités dans la presse écrite.
"C'est parlant, c'est dur, ça interpelle", reconnaît le ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui a souligné mardi l'importance "d'en parler dès les signes avant-coureurs".
Les TMS, qui se traduisent le plus souvent par des tendinites à l'épaule et au coude, des douleurs aux poignets et des lombalgies, souvent en raison de gestes répétitifs au travail, ont "un coût humain, social et économique", a insisté le ministre en visitant l'entreprise de fabrication de clarinettes Buffet-Crampon à Mantes-la-Ville (Yvelines), en pointe dans la lutte contre ce mal.
Les troubles musculo-squelettiques représentent 70% des maladies professionnelles en France et sont la cause d'un arrêt maladie sur 4. Outre les gestes répétitifs, ils sont aussi favorisés par des cadences de production excessives, ou une mauvaise ergonomie du poste de travail (siège, clavier mal placés).
En 2006, 32.500 cas de TMS ont été indemnisés comme maladies professionnelles, selon l'assurance maladie.
Les TMS ont représenté 7 millions de journées de travail perdues en 2006, soit 710 millions d'euros de frais couverts par les cotisations des entreprises.
Chez Buffet-Crampon, où les salariés effectuent à la main un travail de précision sur chaque instrument de musique, les TMS représentent 3% de la masse salariale, selon son Pdg Antoine Beaussant.
La prise de conscience du problème a démarré en 2003, mais Chantal Maréchal, médecin du travail, a calculé qu'entre 2000 et 2004, 60% des salariés de cette entreprise se sont plaints de douleurs. Quatre ont fait l'objet d'une déclaration de maladie professionnelle, avec arrêts de travail, restrictions d'aptitude et même risques de licenciements pour inaptitude professionnelle.
C'est le cas de Sylvie Dupont, 33 ans, chargée depuis 8 ans de visser de petites pièces (clefs) sur les clarinettes, bras gauche en suspens et nuque baissée. "Je sentais moins mes doigts, j'avais de plus en plus mal, jusqu'à avoir mon bras complètement paralysé", raconte-t-elle.
Après l'aménagement de son poste (fauteuil ergonomique, accoudoir, tournevis électrique), la jeune femme a pu reprendre son poste, d'abord en mi-temps thérapeutique, puis à temps plein.
Elle a constaté "une nette amélioration", mais pour Bernard Baty (délégué CGT) "l'amélioration technique ne suffit pas, car les problèmes d'articulations sont aussi liés aux cadences soutenues", et "accentués par le bruit et le stress".
Au final, la direction a investit 700.000 euros ces dernières années afin d'améliorer l'ergonomie des postes et acquérir des outils ou des machines pour soulager les gestes répétitifs.
"Le plus important pour nous était de maintenir les gens dans l'emploi", a expliqué M. Beaussant.
L'entreprise s'est aussi engagée dans la prévention, avec la transformation de certaines procédures de travail, la création en interne de nouvelles machines, et le développement de la polycompétence pour éviter la monotonie de certaines tâches.